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Photo of man in a wheelchair and a doctorLettre de la région
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La région veut faire de la qualité
et de la sécurité une priorité
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Réal Cloutier, Président-directeur général
Janv./Fév. 2019

Les femmes et les hommes qui font partie du personnel de l'Office régional de la santé de Winnipeg se présentent au travail chaque jour en étant déterminés à fournir aux clients et aux patients des soins d'une qualité optimale et les plus sécuritaires possibles.

Et ils arrivent très bien à le faire.

Cependant, cela veut-il dire que les soins que nous fournissons dans notre région sanitaire sont toujours parfaits?

Bien sûr que non.

Comme toute chose dans la vie, la prestation des soins de santé, que ce soit ici à Winnipeg ou ailleurs dans le monde, peut toujours être améliorée et peut toujours évoluer.

Ce qui nous amène au Plan 2019-2020 de la Région en matière de qualité et de sécurité.

Comme son nom l'indique, ce document, récemment approuvé par notre conseil d'administration, a été conçu pour intensifier nos efforts en vue de fournir des soins de qualité à nos patients et clients. La gouvernance globale vient du comité sur la qualité des soins et la sécurité des patients du conseil d'administration.

Pour ce faire, notre équipe responsable de la qualité et de la sécurité, dirigée par le Dr Bruce Roe, vice-président et médecin-chef, et par Kerstin Jordan, directrice régionale de l'amélioration de la qualité et de la sécurité des patients, a amorcé un examen de rendement dans plusieurs secteurs clés. L'équipe a analysé diverses sources de données, y compris des commentaires de patients, des contrôles et des évaluations internes, ainsi que des rapports comparatifs publiés par l'Institut canadien d'information sur la santé (ICIS). Résultat, l'équipe a pu identifier plusieurs secteurs d'intervention clés pour améliorer la prestation des soins, notamment :

Réduire les infections contractées dans le réseau de la santé. Comme l'indique Santé Canada dans son site Web, les hôpitaux sont censés être des endroits dans lesquels les gens vont pour être soignés, non pas pour attraper des infections. Pourtant, un rapport de 2013 présenté dans ce site Web indique que 200 000 Canadiens et Canadiennes contractent des infections nosocomiales chaque année, et 8000 en meurent. Nos hôpitaux et les autres établissements de santé ne sont pas immunisés contre ce problème. Bien que beaucoup de choses aient été faites au cours des dernières années pour régler ce problème, nous prévoyons en faire encore plus cette année pour rendre nos établissements de santé plus sécuritaires pour les patients. Voilà aussi pourquoi nous voulons continuer d'innover pour réduire les hospitalisations non nécessaires et, par le fait même, réduire les risques d'infection.

Reconnaître les patients dont l'état se détériore et intervenir en conséquence. Des changements subtils, mais malgré tout importants dans l'état d'un patient, peuvent passer inaperçus. Cela est problématique. Même un léger changement dans l'état d'un patient peut être important et peut nécessiter des soins immédiats. Nous croyons que nous pouvons faire plus dans ce domaine pour nous assurer de détecter les changements importants et intervenir en temps opportun.

Photo of an elderly patient being helped by a nurse

Combler les lacunes durant les transitions des patients au sein du système de soins de santé. Lorsqu'un patient chemine dans le système de santé, les points de transition représentent un risque accru, et il est possible que des lacunes apparaissent. Cela est particulièrement vrai chez les patients plus âgés ou ceux qui ont des besoins complexes en matière de soins de santé. Nos analyses indiquent qu'il est possible de combler ces lacunes et d'améliorer la prestation des soins.

S'assurer de recevoir et de comprendre les commentaires des patients. Tout établissement de santé qui se fait un devoir de fournir des soins axés sur les patients doit avoir des mécanismes en place pour recueillir les commentaires des patients et leur donner suite. La Région a pris un bon départ à ce chapitre. Par exemple, des conseils consultatifs de patients ont été formés, y compris dans les domaines de la santé mentale, des soins à domicile, des soins de longue durée, de l'éthique et des services d'urgence. Comme je l'ai déjà mentionné dans ce magazine, les recherches indiquent que les patients et les membres des familles peuvent contribuer de manière significative à l'amélioration des soins de santé. Cependant, nous devons faire plus pour nous assurer de maximiser les efforts pour recueillir les commentaires des patients et leur donner suite. Par exemple, comme le raconte un article dans le présent numéro du Courant, nous avons récemment invité des patients à faire partie de nos équipes de soins concertés. Ces équipes sont formées de professionnels de la santé qui se réunissent pour résoudre des problèmes particuliers et pour améliorer la prestation des soins. Il est impératif de continuer à tenir compte des commentaires des patients et de leurs familles alors que nous faisons des efforts pour améliorer les soins.

Dans chacun des secteurs, le personnel de la Région travaille à l'établissement d'objectifs, à la conception d'activités d'amélioration et au développement de processus pour surveiller nos efforts visant à améliorer les soins de demain. Ces indicateurs de progrès viendront compléter les mesures existantes pour faciliter le flux des patients et assurer la viabilité financière. Tous ces éléments serviront à suivre nos progrès dans les semaines et les mois à venir.

Toutefois, le plan en matière de qualité et de sécurité ne s'arrête pas là.

En plus de chercher des façons d'améliorer les soins, notre équipe responsable de la qualité et de la sécurité cherche aussi des moyens d'améliorer le milieu de travail dans nos hôpitaux, nos cliniques et les autres établissements de santé. La sécurité au travail est un enjeu important pour les fournisseurs de soins, un enjeu directement lié à la sécurité des patients. Dans un milieu de travail sécuritaire, le personnel peut se concentrer sur la prestation des meilleurs soins possibles.

Bien sûr, les améliorations importantes dans ce domaine ne se font pas par hasard, surtout dans une organisation qui compte plus de 24 000 fournisseurs de soins, répartis dans toute la Région, dans une douzaine d'hôpitaux, de cliniques, d'établissements de soins de longue durée et de programmes. En effet, la seule façon de progresser consiste à mettre en place une culture organisationnelle qui met l'accent sur l'amélioration durable et qui s'assure que tout le monde soit sur la même longueur d'onde. Il faut aussi avoir une culture qui fait en sorte que le personnel et les médecins sentent qu'ils peuvent parler en toute sécurité de leurs inquiétudes en matière de qualité et de sécurité.

Encore une fois, le plan en matière de qualité et de sécurité propose des moyens de progresser.

Comme l'indique le document, le succès de la Région dépendra de sa capacité à mettre en place diverses « activités fondamentales » au fil du temps. Plus précisément, le plan invite la Région à passer à l'action :

  • Promouvoir une culture d'amélioration continue dans toute l'organisation, du conseil d'administration au personnel de première ligne.
  • Renforcer la capacité d'améliorer la qualité dans l'ensemble du système de santé.
  • Mobiliser les dirigeants, les partenaires, le personnel et les médecins du système de santé, ainsi que les patients et le public.
  • Célébrer et faire connaître les activités visant l'amélioration.
  • Établir un cadre d'évaluation de la qualité et de la sécurité.

En plus de ces suggestions, nous prévoyons mettre en place un nouveau système de gestion au quotidien pour nous assurer que les activités ou les enjeux qui ont de l'importance dans la Région sont signalés à la direction en temps opportun. Cette façon de faire permettra de prendre plus rapidement des décisions pour atténuer les problèmes potentiels liés à la prestation des soins.

Il est bon de souligner que ces changements ne sont pas apportés en vase clos. Ils font partie d'une transformation beaucoup plus vase en cours dans le système de santé. Cette transformation a commencé par le lancement du Plan pour guérir notre système de santé, en avril 2017. Elle se poursuit cette année avec la 2e phase qui consiste à consolider les services d'urgence dans trois hôpitaux, soit Saint-Boniface, Grace et le Centre des sciences de la santé de Winnipeg, tout en convertissant les services d'urgence des hôpitaux Seven Oaks et Concordia en centres de soins d'urgence mineure et en une clinique sans rendez-vous de soins de continuité. (Vous pouvez en savoir plus sur ce plan ici.) Les hôpitaux Concordia et Seven Oaks seront aussi transformés pour jouer leur nouveau rôle au sein du système de santé en offrant divers services pour les patients hospitalisés et les soins externes.

Le mandat de la Région change aussi. Le nouvel organisme Soins communs aura plus de responsabilités pour la planification des services cliniques et de prévention dans la province. De plus, la Région se transformera en un organisme de prestation de services. Ainsi, nous pourrons consacrer tous nos ressources et nos efforts à la recherche de moyens pour améliorer la prestation des services et pour obtenir de meilleurs résultats pour nos clients et nos patients.

Il est évident que 2019 sera encore marquée par le changement. D'ici l'an prochain, nous aurons terminé la réorganisation des services prévue dans le Plan pour guérir notre système de santé. Nous aurons aussi réussi à faire de la qualité et de la sécurité une priorité pour la Région, alors que nous aurons fait la transition pour devenir un organisme de prestation de services. Ce faisant, nous aurons franchi deux étapes importantes en créant un système de soins capable de fournir à nos clients et à nos patients les soins de la meilleure qualité possible et les plus sécuritaires possibles.