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au cirque

Une division scolaire de Winnipeg utilise
les arts du cirque comme la jonglerie
et la marche sur des échasses pour aider
les enfants à acquérir une littératie physique
Kadence Schneider démontre les habiletés de jonglerie qu'elle a apprises en participant au programme des arts du cirque.
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Par Joel Schlesinger
Sept./Oct. 2018

Quand il s'agit d'être active physiquement, Noella Russell ne laisse pas sa place.

Patinage, baseball, basketball, natation - ce ne sont que quelques-unes des activités qu'elle aime.

Aujourd'hui, la fillette de onze ans peut aussi ajouter à son répertoire la marche sur des échasses, la jonglerie et le bâton du diable.

Le bâton du diable?

« C'est un bâton et deux bâtonnets qu'on utilise pour frapper le bâton d'avant en arrière », explique l'ancienne élève de cinquième année de l'école Robert Browning, qui est située dans la Division scolaire St. James-Assiniboia.

« Et c'est très difficile. »

Sa camarade de classe Kadence Schneider sait aussi jongler et faire du monocycle.

« Je peux en faire aussi longtemps que je veux », assure la fillette de onze ans. « Jongler est un peu plus délicat. J'arrive parfois à le faire », précise-elle.

Pour Brielle Maxwell, dix ans, qui fréquente l'école Stevenson Britannia dans la même Division, c'est le trapèze. « J'aime ça parce que je peux monter très haut, et je n'ai pas peur des hauteurs », affirme-t-elle.

Photo of Noella Russell
Noella Russell dit qu'elle aimait apprendre de ses pairs au programme des arts du cirque.

Si vous pensez que ces filles ont récemment fréquenté une école de cirque, vous n'êtes pas loin de la vérité.

Ils font partie des dizaines d'élèves de quatrième et cinquième années du district scolaire de Winnipeg Ouest qui ont participé à un programme pilote de deux ans appelé Initiative éducative par les arts du cirque.

Ce programme a été conçu pour enseigner aux enfants une variété d'arts du cirque, y compris comment marcher sur des échasses, se balancer sur un trapèze et marcher en équilibre sur une slackline (corde lâche, activité qui s'apparente au funambulisme), pour n'en nommer que quelques-uns.

Cependant, l'objectif n'était pas de les former pour qu'ils puissent travailler un jour au Cirque du Soleil. Il s'agissait plutôt de renforcer leur « littératie physique », ce qui, à son tour, les aidera à devenir plus actifs physiquement.

L'initiative a été lancée par Dean Kriellaars, professeur agrégé au département de physiothérapie de l'Université du Manitoba, et Patrice Aubertin, titulaire de la Chaire de recherche industrielle du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) pour les collèges des arts du cirque à l'École nationale de cirque à Montréal.

M. Kriellaars, un expert de premier plan en matière de mouvement et d'activité physique chez les enfants et les adultes, affirme que les enfants canadiens ne sont pas aussi actifs qu'ils devraient l'être. Les enfants âgés de cinq à dix-sept ans devraient faire de l'exercice modéré à vigoureux pendant environ soixante minutes par jour. Pourtant, selon le plus récent rapport ParticipACTION, seulement trente-cinq pour cent des enfants de ce groupe d'âge atteignent la cible.

Cela n'augure rien de bon pour la santé future de la population. Selon une étude récente publiée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le manque d'activité physique est en partie responsable de l'augmentation des taux d'obésité, des maladies cardiaques, du diabète de type deux, des maladies musculo-squelettiques comme l'arthrite et l'ostéoporose, de certains cancers et de maladies neurodégénératives comme la maladie d'Alzheimer. La recherche révèle également qu'une activité physique réduite peut avoir des effets négatifs sur le développement du cerveau chez les enfants et même contribuer à des taux plus élevés de maladie mentale, de dépression et d'anxiété. Ce qui est encore plus surprenant, c'est que bon nombre de ces problèmes de santé apparaissent plus tôt dans la vie. Des maladies comme le diabète de type deux, qui étaient rares il y a des décennies chez les enfants, sont de plus en plus courantes.

Qu'est-ce qui explique ce manque d'activité chez les enfants canadiens?

Selon M. Kriellaars, au moins une partie du problème peut être attribuable au fait que les enfants n'ont plus les mêmes aptitudes physiques qu'avant. Comme il l'explique, la littératie physique est définie comme le fait d'avoir la confiance et les compétences nécessaires pour faciliter les mouvements sur terre, dans l'eau et dans les airs. « Dans le sens le plus simple, ça veut juste dire la capacité de bouger. »

L'importance de la littératie physique est soulignée dans le rapport de l'OMS. L'organisme exhorte les pays du monde entier à «  . . . renforcer les connaissances et les compétences en enseignement sur la valeur du jeu actif, de l'éducation physique, de l'activité physique adaptative, des habiletés motrices fondamentales et de la littératie physique . . .  ».

Cela ne veut pas dire que les enfants ne font pas d'exercice. Bon nombre d'entre eux participent à des activités organisées comme le hockey ou la natation. La question est de savoir ce qu'ils font pendant leur temps libre.

Il y a une quarantaine d'années, les enfants s'adonnaient à un large éventail d'activités - de la bicyclette au jeu de cache-cache - leur permettant d'acquérir les aptitudes physiques nécessaires pour bouger avec compétence et confiance dans une grande variété de contextes. Ce n'est plus aussi vrai de nos jours que jadis.

« Le développement des enfants a fondamentalement changé au cours des trente dernières années en ce qui concerne l'utilisation qu'ils font du plein air et leur capacité de se déplacer librement », explique M. Kriellaars. « N'importe qui âgé d'une quarantaine d'années et plus peut attester que ses parents lui ont dit de rester dehors jusqu'à ce que les lumières de la rue s'allument. »

Les générations précédentes d'enfants avaient plus de liberté pour prendre des décisions, repérer les dangers, apprendre de leurs erreurs et acquérir des connaissances sur le mouvement. Auparavant, il était relativement courant pour les enfants de grimper aux arbres, ce qui augmentait leur force et améliorait leur coordination et leur équilibre dans ce processus. Maintenant, les parents craignent que l'escalade d'un arbre ne leur cause des blessures.

Même lorsque les enfants sont actifs de nos jours, c'est souvent dans un environnement structuré, jouant au baseball ou au hockey mineur. Des habiletés comme lancer et attraper une balle sont une sorte d'habileté physique, tout comme le patinage sur glace et la maniabilité d'une rondelle. Le problème, c'est que si les enfants passent beaucoup de temps à pratiquer un sport en particulier, ils risquent de ne pas faire grand-chose d'autre pour être actifs physiquement pendant leur temps libre, perdant ainsi la possibilité de développer d'autres aptitudes physiques.

« Le simple fait d'être actif physiquement ne suffit plus parce que nous avons perdu toute notre littératie physique, et cela se manifeste plus tard dans la vie par un comportement sédentaire croissant et des aptitudes très limitées, voire dangereuses », ajoute M. Kriellaars.

En effet, les enfants qui n'ont pas acquis la littératie physique nécessaire lorsqu'ils sont jeunes peuvent constater qu'ils ne sont pas aussi agiles lorsqu'ils vieillissent. Lorsqu'ils atteignent la cinquantaine ou la soixantaine, ils peuvent se retrouver plus sédentaires et plus vulnérables aux blessures causées par les chutes.

Photo of Kadence Schneider with her mom, Jennifer
Kadence Schneider avec sa mère, Jennifer.

« Vingt pour cent des personnes de mon âge et plus qui se fracturent la hanche meurent chaque année, dit-il. Donc, même si l'objectif est d'amener les gens à être actifs physiquement, il s'agit surtout d'amener les gens à être compétents et à se déplacer avec confiance sur différentes surfaces, comme la glace. Et cela commence à un jeune âge. »

Mais si les enfants ne sont pas enclins à faire de l'activité physique pendant leur temps libre, comment les aider à acquérir des aptitudes physiques?

Plus il réfléchissait à cette question, plus M. Kriellaars réalisait que la réponse était d'intégrer le concept dans un contexte d'éducation physique officiel.

Et c'est ce qui l'a conduit aux arts du cirque.

« Tout le monde trouve son bonheur au cirque, assure-t-il. C'est inclusif de par sa conception, et c'est le grand secret derrière tout ça. »

Les enfants inscrits au programme peuvent choisir de développer des compétences dans une variété d'activités qui les intéressent, à leur propre rythme. En exécutant ces techniques de cirque, ils acquièrent en chemin les habiletés de base en matière de mouvement, ajoute M. Kriellaars.

« Par conséquent, ils deviennent très confiants, dit-il. De plus, les parents sont stupéfaits de la joie et de l'amour que leurs enfants ressentent en le faisant. »

Clayton Schneider est d'accord. Il raconte que sa fille, Kadence, est souvent ravie du programme d'arts du cirque intégré à son cours d'éducation physique lorsqu'elle revient de l'école.

« Habituellement, ils descendent de l'autobus et vous leur demandez comment s'est passée leur journée. En général, ils répondent « Bien ». Mais elle nous faisait constamment part de ses progrès - comme le nombre de longueurs de gymnase elle réussissait à faire avec le monocycle. »

Erica Maxwell a constaté le même enthousiasme de la part de sa fille, Brielle.

« Tous les enfants ne parlaient que de ça, de même que tous les parents, dit-elle. J'ai l'impression que ce programme a vraiment aidé à développer leurs capacités mentales et leur confiance de continuer à essayer quelque chose de difficile jusqu'à ce qu'ils y parviennent - et c'est tellement exaltant quand ils réussissent à le faire. »

L'enseignant J.J. Ross a également remarqué que les élèves avaient très hâte de participer à ce programme pilote.

En tant que coordonnateur de l'éducation physique et de la santé pour la Division scolaire James-Assiniboia, il a contribué à la mise en œuvre du programme dans les deux écoles, qui étaient à l'étude parallèlement au programme régulier d'éducation physique dans deux autres écoles de la Division.

Ayant déjà travaillé avec M. Kriellaars dans le domaine de la recherche sur la littératie physique, M. Ross n'a pas hésité à participer à l'étude, qui comprenait également plus d'une douzaine d'autres écoles au Manitoba, en Colombie-Britannique et en Alberta.

« Nous étions plus que disposés parce que nous savions que les enfants veulent faire ce genre de trucs », précise M. Ross. Mais les éducateurs ont également compris sa valeur dans le développement des compétences de la littératie physique chez les enfants.

« Enfants, nous avions l'habitude d'aller jouer dans le parc tous les jours et d'acquérir des compétences physiques sans même le savoir, dit-il. Mais de nos jours, c'est un point où nous devons planifier parce que ça ne se fait pas tout seul. Ce n'était qu'un outil de plus, mais un excellent outil. »

Photo of Brielle Maxwell
Brielle Maxwell affirme que l'apprentissage des arts du cirque rend la vie plus amusante.

Pour mettre en œuvre le programme, l'équipe de recherche a reçu des fonds pour la formation et l'équipement par l'entremise du Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH). Habituellement, les Instituts de recherche en santé du Canada financent les études sur l'activité physique tandis que le CRSH appuie la recherche en sciences sociales.

« Mais avec notre projet, le CRSH a constaté que l'enseignement des arts du cirque en éducation physique s'inscrit dans un modèle d'innovation sociale qui a également obtenu des résultats sur la santé comme l'augmentation de l'activité physique, la créativité, la littératie physique et la résilience des enfants », explique M. Kriellaars.

Pour diriger les leçons en arts du cirque, M. Ross et deux autres professeurs d'éducation physique - Bryan Vermeylen, de Robert Browning, et Curt McKinnon, de Stevenson-Britannia - ont suivi une formation en cirque à l'École nationale de cirque, située à Montréal, en face du Cirque du Soleil de renommée mondiale.

Au début, M. Vermeylen a été surpris par l'idée.

« Tu penses à l'université des clowns, je croyais vraiment qu'il [M. Ross] plaisantait. »

Pourtant, les deux enseignants ont tout de suite vu le potentiel de ce programme d'enseignement des acrobaties, de l'athlétisme et de la créativité du Cirque du Soleil.

« Curt et moi étions tous les deux assez excités d'essayer quelque chose de différent, dit Vermeylen. Nous avons été enseignants pendant douze ans, c'était donc l'occasion de rafraîchir le programme. Pour ce qui est de la programmation à l'école, les arts du cirque sont certainement un moyen d'accroître la participation, surtout pour les enfants qui ne sont pas attirés par la programmation traditionnelle - les sports typiques qu'on voit en classe. »

Ce sont souvent ces enfants qui risquent le plus de ne pas faire d'activité physique en vieillissant.

En fait, le déclin de l'activité physique est un problème qui touche la plupart des enfants au début de l'adolescence, selon M. Kriellaars. Les données indiquent que les enfants deviennent généralement beaucoup moins actifs après la sixième année.

« Jusque-là, moins de cinquante pour cent des enfants répondaient aux critères de l'activité physique, dit-il. Après la sixième année, ce chiffre se situe entre cinq et dix pour cent, de sorte qu'il y a une baisse énorme et précipitée des niveaux d'activité physique au Canada et aux États-Unis. »

Les filles sont plus susceptibles d'être au bas de l'échelle de l'activité physique. M. Kriellaars indique que leur manque de participation témoigne des préjugés de la société, qui permettent de favoriser certaines activités par rapport à d'autres. Prenons l'exemple du hockey en salle. S'il est vrai que de plus en plus de filles jouent au hockey sur glace de nos jours, il demeure toujours un sport dominé par les garçons. Par conséquent, lorsqu'une classe mixte d'enfants joue au hockey en salle, un plus grand nombre de garçons auront probablement les habiletés qui leur permettront de jouer avec confiance et compétence. Et ceux qui ne les ont pas - dont la plupart sont probablement des filles - peuvent obtenir moins de satisfaction et de bienfaits de l'activité. Lorsque cela se produit de façon répétée en classe, ces élèves - littéralement sur la touche, dans certains cas - commencent à voir l'éducation physique comme étant « non leur truc », dit M. Kriellaars.

« Ce que nous avons découvert, c'est que très jeune âge, les stéréotypes sexuels empêchent les femmes de développer leur compétence, leur confiance et leur bonheur avec l'activité physique par rapport aux hommes, alors que ce devrait être pareil. »

Le programme des arts du cirque peut offrir une solution à ce problème parce qu'il est attrayant pour les garçons et les filles par sa conception. « Tu attires des enfants qui n'aiment pas l'éducation physique, dit M. Vermeylen. Puis tu rassembles à l'école tous les enfants, qu'ils soient athlètes, gymnastes, meneuses de claques et danseurs en dehors de l'école. Même ceux qui pratiquent des sports comme le hockey et le baseball trouvent les arts du cirque fascinants. Ils sont si compétitifs qu'ils s'y mettent aussi. »

Alors que le programme a connu un grand succès pendant les cours d'éducation physique, il a également été populaire pendant les heures de dîner et la récréation.

Des études antérieures ont démontré l'efficacité des programmes des arts du cirque.

Une étude menée au Québec, par exemple, a révélé que les élèves qui s'adonnaient aux arts du cirque avaient un meilleur équilibre et de meilleures habiletés dans quinze des dix-huit habiletés motrices de base qui font partie du programme d'éducation physique, y compris sauter, attraper, lancer, faire des bonds, demeurer en équilibre, et même courir. Tous ces éléments, ajoute M. Kriellaars, sont des mesures de la littératie physique.

Cependant, l'étude plus vaste à laquelle ont participé les écoles de Winnipeg a porté sur des résultats plus subtils, mais tout aussi importants.

Par exemple, le projet a révélé que les enfants participant au programme étaient beaucoup plus confiants et avaient des niveaux de créativité beaucoup plus élevés que ceux d'un groupe d'écoles-témoin.

« Nous avons évalué la créativité du mouvement - et les enfants des écoles de cirque avaient des niveaux de créativité beaucoup plus élevés à la fin de l'étude que ceux des écoles-témoins, affirme M. Kriellaars. Ils étaient mieux à même de créer des séquences de mouvements pour résoudre des problèmes tels que : Démontrez-moi combien de fois vous pouvez passer à travers un hoola-hoop - donc probablement de meilleurs résolveurs de problèmes aussi », explique-t-il.

Les enfants participant aux arts du cirque étaient également plus actifs à l'extérieur de l'école, ceux qui étaient inscrits au programme participaient à environ cinq activités de plus que ceux qui suivaient les cours réguliers d'éducation physique à l'école.

Et ils ont également fait preuve d'une meilleure résilience.

Selon M. Kriellaars, ce résultat n'est pas surprenant, puisque le fait de tomber d'un monocycle et de se relever, encore et encore, jusqu'à ce qu'on puisse rouler sans tomber est, en soi, une leçon de vie. De plus, les enfants ont appris par eux-mêmes ainsi que des uns et des autres, ce qui leur a permis d'acquérir un nouveau sens des responsabilités et de la confiance.

En effet, l'apprentissage par les pairs et vice-versa a trouvé un écho chez Noella Russell.

« J'ai aimé pouvoir être avec mes amies et faire des activités ensemble, dit-elle. C'est bon d'apprendre comme ça parce qu'on peut voir comment les autres s'y prennent. »

M. Kriellaars affirme qu'il ne faut pas sous-estimer l'importance de résultats comme une plus grande confiance en soi, car si les enfants se sentent plus en confiance d'essayer de nouvelles activités, ils vont le faire.

« Ce qui est intéressant, c'est que les enfants qui ont une meilleure estime d'eux-mêmes sont probablement mieux en mesure de faire face aux problèmes de leur vie en général, ajoute-t-il. C'était aussi une découverte majeure puisque maintenant nous ne parlons pas seulement de santé physique, mais aussi de santé mentale. »

Compte tenu du succès du programme, le défi aujourd'hui est d'étendre sa portée à un plus grand nombre de classes et d'écoles. C'est à l'étude, car la Division scolaire forme un plus grand nombre d'enseignants d'éducation physique pour qu'ils soient en mesure d'offrir des cours d'arts du cirque et le programme s'étend à d'autres districts scolaires.

Certes, les élèves en veulent plus, mais les parents aussi.

« Si le programme ne revient pas, il va y avoir beaucoup de tristesse parce que chaque parent est excité de voir son enfant y participer, affirme Erica, la mère de Brielle. Ce programme a connu un succès retentissant. »

Sa fille est tout à fait d'accord.

« C'était vraiment amusant parce que j'ai appris à faire beaucoup de nouvelles choses, dit-elle.

Après tout, avant les arts du cirque, Brielle n'aurait jamais imaginé se balancer sur un trapèze. Elle n'aurait pas non plus prédit qu'elle se produirait devant un gymnase rempli de parents, d'élèves, d'enseignants et d'administrateurs dans le cadre de l'aboutissement du programme des arts du cirque : un spectacle en direct mettant en valeur les compétences des jeunes.

« Nous avons donné un spectacle devant tous les autres enfants de l'école . . . c'est comme beaucoup d'enfants », dit-elle.

Et le public était stupéfait.

« Chaque fois que les enfants faisaient quelque chose, le public poussait des oh! et des ah!, raconte le père de Kadence, Clayton Schneider. Les gens s'attendaient à ce que les enfants soient bons, mais non à ce qu'ils soient aussi bons. »

Au-delà des spectacles, les arts du cirque offrent une alternative au programme régulier d'éducation physique : volleyball, soccer, baseball et basketball.

Et il n'est pas nécessaire d'être enseignant pour en voir la valeur.

Comme l'affirme Brielle Maxwell : « Si vous ne savez pas comment faire la roue ou vous tenir en équilibre sur les mains, la vie ne serait pas aussi amusante. »

Joel Schlesinger est un rédacteur de Winnipeg.

Éléments de la littératie physique

La littératie physique peut jouer un rôle important pour aider les jeunes à devenir plus actifs, selon l'organisme canadien qui fait la promotion de l'activité physique, Le sport, c'est pour la vie.

« L'activité physique est beaucoup plus amusante lorsqu'on a une littératie physique », indique le site Web de l'organisme, sportpourlavie.ca

« Si nous voulons que nos enfants soient actifs pour la vie, ils ont besoin de développer la littératie physique à un jeune âge. »

Le site Web indique que la littératie physique comporte quatre composantes. Ce sont :

Motivation et confiance (Affective) : La motivation et la confiance réfèrent à l'enthousiasme, à la motivation positive et à la confiance en soi suscitée à l'idée d'intégrer l'activité physique à son mode de vie.

Compétence physique (Physique) : La compétence physique réfère à la capacité d'une personne à développer des habiletés motrices, et à expérimenter différentes intensités et durées de mouvements. Optimiser ses compétences physiques permet de participer à un large éventail de situations et d'activités physiques.

Savoir et compréhension (Cognitive) : Le savoir et la compréhension sous-entendent la capacité d'identifier et d'exprimer les qualités essentielles qui influencent le mouvement, la compréhension et les bénéfices santé du mode de vie actif et la conscience des éléments qui permettent la pratique sécuritaire de l'activité physique dans un éventail de situations et d'environnements physiques.

Engagement dans l'activité physique pour la vie (Comportementale) : L'engagement d'une personne dans des activités physiques pour la vie s'exprime par sa responsabilisation à l'égard du savoir-faire physique en choisissant librement d'être actif de façon régulière. Cela implique la priorisation et le maintien de cet engagement en intégrant à son mode de vie la pratique d'une variété d'activités significatives et de défis personnels.

OMS : Former les enseignants à la littératie physique

L'Organisation mondiale de la santé demande aux pays du monde entier d'intégrer la littératie physique dans leurs systèmes éducatifs afin de lutter contre la sédentarité chez les enfants.

Dans un rapport récent, l'OMS a souligné que jusqu'à trois adolescents sur quatre dans le monde ne respectent pas les recommandations mondiales en matière d'activité physique établies par l'organisation.

Par conséquent, l'OMS encourage les pays à veiller à ce que les éducateurs soient formés au rôle que peut jouer la littératie physique pour aider les enfants à devenir plus actifs.

Plus précisément, le rapport invite les nations du monde entier à s'associer au secteur de l'éducation pour aider les éducateurs à renforcer leurs connaissances et leurs compétences pédagogiques sur la valeur du jeu actif, de l'éducation physique, de l'activité physique adaptative, des habiletés motrices fondamentales et de la littératie physique, et sur la manière d'inclure les personnes handicapées et les moins actives.

Dans l'ensemble, le rapport, intitulé Plan d'action mondial pour promouvoir l'activité physique : objectifs stratégiques des personnes plus actives pour un monde plus sain, énumère quatre objectifs stratégiques pour stimuler une vie active. Ce sont :

1. Créer des sociétés actives : Pour ce faire, les intervenants doivent bâtir des sociétés qui permettent aux gens de mieux connaître et comprendre les multiples avantages de l'activité physique en fonction de leurs capacités et de leur âge. Il s'agit notamment de campagnes nationales et locales visant à promouvoir la sensibilisation et l'appréciation des avantages socioéconomiques et environnementaux conjoints d'une activité physique et, plus particulièrement d'une pratique accrue de la marche, du vélo et d'autres formes de transport actif, et des avantages connexes. De plus, les initiatives devraient permettre une participation de masse, être faciles d'accès, abordables, sinon gratuites, et culturellement adaptées. D'autres programmes permettraient aux professionnels de la santé, de l'urbanisme, de l'éducation, du tourisme, des transports et des loisirs de mieux connaître ces avantages.

2. Créer des environnements actifs : Créer de nouveaux environnements et conserver les lieux existants qui sont accessibles et équitables pour permettre aux gens d'être actifs, sans égard à leurs capacités. Il s'agit notamment de renforcer les plans de transport urbain au moyen de pistes cyclables et de sentiers pédestres, et de bâtir des collectivités qui encouragent l'interaction en plein air. Les décideurs politiques devraient mettre en place des plans pour améliorer les espaces verts et les équipements récréatifs existants, en veillant à ce qu'ils soient accessibles aux personnes d'origines diverses, peu importe leur âge, leur origine ethnique, leur revenu et leurs capacités. De plus, les équipements publics, les écoles, les installations sportives et les établissements de soins de santé actuels et futurs devraient encourager les utilisateurs à être aussi actifs physiquement que possible à l'intérieur des bâtiments et aux alentours.

3. Susciter l'activité chez les gens : Les gouvernements devraient financer et appuyer davantage de programmes d'éducation physique tout en veillant à ce que les activités récréatives et sportives créent des expériences et des possibilités plus positives pour un grand nombre de personnes. Ces initiatives devraient être considérées comme faisant partie d'un effort visant à fournir un accès universel aux soins de santé, en encourageant l'augmentation de l'activité physique et en réduisant le comportement sédentaire avec l'aide et les conseils de fournisseurs de soins de santé, communautaires et sociaux formés à cet effet. De plus, les programmes doivent viser les enfants de tous âges et les adultes, y compris les aînés.

4. Créer des systèmes actifs : Au niveau des politiques, les gouvernements, l'industrie et les établissements postsecondaires doivent élaborer des cadres pour faciliter les autres piliers. Grâce à des systèmes de données améliorés, les intervenants peuvent tirer parti de l'information statistique pour mieux cibler et suivre les populations à risque. En outre, tous les programmes et toutes les politiques devraient faire appel à des partenariats entre les régions et les pays, ainsi qu'aux secteurs public et privé. Le rapport souligne que le financement nécessaire pour assurer la mise en œuvre et le succès de ce programme en est un élément sous-jacent.

Pour lire l'intégralité du rapport, consulter le site : Plan d'action mondial pour la promotion de l'activité physique : objectifs stratégiques des personnes plus actives pour un monde plus sain.