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Photo of Nealla McKie and her mom Jocelyn playing a game of one-on-one basketballArticle vedette
La santé du
cerveau

Une heure d'activité physique modérée à vigoureuse
chaque jour aide à éveiller l'esprit chez l'enfant.
Le problème, c'est que la plupart des jeunes ne
font pas assez d'exercice.
Nealla McKie et sa mère, Jocelyn, jouent au basket-ball à deux.
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Par Joel Schlesinger
Sept./Oct. 2018

Comme la majorité des jeunes de 11 ans, Nealla McKie aime bien échanger avec ses amies, en personne ou par les médias sociaux.

C'est aussi une fille très active : elle participe au camp d'été de volley-ball, aime beaucoup la natation et joue souvent à la balle molle et au basket-ball quand l'occasion se présente.

Bien qu'elle se considère « un peu athlète », elle n'est pas certaine d'atteindre l'objectif canadien en matière d'activité physique, soit au moins 60 minutes d'activité modérée à vigoureuse par jour.

« Je ne suis pas sûre que j'en fais autant tous les jours. »

Sa mère, Jocelyn McKie, est bien d'accord. Cette enseignante, qui a déjà été monitrice d'éducation physique, veille à ce que Nealla et les autres enfants de la famille participent à des sports organisés, mais elle admet qu'il est difficile de s'assurer qu'ils répondent aux directives sur l'activité physique, surtout durant les vacances d'été, quand ils ont plus de temps libre.

« C'est extrêmement difficile pour eux de faire autant d'exercice - 60 minutes tous les jours - à moins d'être inscrits à des activités organisées, et mes enfants le sont, donc ça aide », explique la jeune mère de Winnipeg.

« Mais les jours où ils n'ont pas de pratiques, il faut les convaincre de sortir, et c'est devenu un casse-tête ces dernières années à cause de la technologie », ajoute-t-elle, faisant référence à l'attrait des appareils électroniques comme le téléphone intelligent et la tablette numérique.

Photo of Nealla McKie
La balle molle n'est qu'un des nombreux sports que Nealla McKie pratique en été.

Malgré tout, Nealla réussit à demeurer active, encouragée par sa maman, mais bon nombre d'enfants sont sédentaires.

De fait, le dernier bulletin de ParticipACTION sur l'activité physique chez les enfants et les jeunes laisse entendre que la plupart d'entre eux sont loin du compte. Collectivement, le bulletin donne aux enfants canadiens une note de D+ pour l'activité physique générale, soit une légère amélioration par rapport aux années précédentes comme en 2016 et en 2015, où ils obtenaient D-.

Plus précisément, le bulletin révèle que seulement 35 pour cent des jeunes de cinq à dix-sept ans atteignent le seuil d'activité physique quotidienne recommandé. Chez les enfants de trois à quatre ans, les résultats sont un peu plus positifs - mais quand même inquiétants - avec 62 pour cent d'entre eux qui satisfont aux niveaux recommandés.

Des experts en santé affirment depuis longtemps que ces chiffres présagent de sérieux problèmes de santé pour les jeunes à mesure qu'ils avanceront en âge. Mais maintenant, ils craignent de plus en plus que le manque d'activité physique n'entraîne aussi des conséquences néfastes sur le développement du cerveau.

« Collectivement, les résultats d'étude prouvent avec une certitude raisonnable que l'activité physique est bonne pour le cerveau; on peut donc ajouter cet argument à la liste des motivations pour surveiller étroitement le niveau d'activité physique de nos enfants », soutient le Dr Mark Tremblay, conseiller scientifique en chef pour le Bulletin de ParticipACTION.

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Comment une division scolaire de Winnipeg utilise les arts du cirque, comme jongler et marcher sur des échasses, pour favoriser la littératie physique chez les jeunes.

Une recension des recherches scientifiques menées durant la dernière décennie a révélé que l'activité physique aide le cerveau à fonctionner plus efficacement et améliore la mémoire, l'attention, la concentration, la capacité de résoudre des problèmes, les fonctions exécutives et la capacité de gérer des enjeux complexes. Elle améliore même la créativité, affirme le Dr Tremblay, qui a aidé au lancement du bulletin annuel de ParticipACTION en 2005.

« En plus de tous ces bénéfices, des études portant sur les mécanismes cérébraux montrent que l'exercice active et stimule certaines parties du cerveau. »

Bien que le bulletin de cette année sur l'activité physique montre, comme les précédents rapports, que les enfants ne bougent pas assez, le Dr Tremblay craint que le problème puisse être encore plus alarmant que ce qu'en pensent les experts.

Selon lui, le bulletin est une évaluation plutôt générale de l'activité physique et du bien-être des jeunes Canadiens. Mais à part cette directive de 60 minutes par jour d'activité physique modérée à vigoureuse, il est très probable que notre niveau d'activité physique global soit à la baisse parce que nos activités d'intensité légère, comme les mouvements accessoires et le jeu actif, soient progressivement remplacés par du temps sédentaire devant un écran.

« On pourrait voir de futurs adultes qui devront se faire traiter vers 45 ans pour des conditions qui touchent aujourd'hui surtout des gens de 65 ans et plus. »

En effet, le bulletin indique que bien des enfants passent trop de temps devant les écrans. Parmi les jeunes de cinq à dix-sept ans, 51 pour cent ont dépassé le temps maximum de loisir devant les écrans recommandé par les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures, soit pas plus de deux heures par jour. Pour les enfants de trois et quatre ans, cette proportion a grimpé à 76 pour cent.

Ces résultats n'augurent rien de bon pour la santé future des jeunes d'aujourd'hui car à mesure qu'ils vieilliront, ils deviendront encore moins actifs, avec le risque accru de devenir encore plus sédentaires à l'âge adulte.

Il est difficile de mener des études qui en viendront à la conclusion irréfutable que le cerveau d'un enfant inactif ne se développera pas à son plein potentiel, mais ce qui a été prouvé, c'est que l'activité physique est bénéfique pour le cerveau.

Le Dr Tremblay cite une étude montrant que les élèves qui ont fait de l'exercice physique avant un examen ont de meilleurs résultats que ceux qui sont restés inactifs.

« Il y a des indices prouvant que la structure du cerveau change réellement lorsqu'on fait de l'activité physique, car on voit alors gonfler l'hippocampe, la partie du cerveau associée à la mémoire et aux émotions. Les noyaux gris centraux - ou ganglions de la base, qui font la liaison entre la matière grise [les neurones] et la substance blanche [les tissus conjonctifs du cerveau] - présentent aussi un meilleur fonctionnement. »

Pour Nathan Hall, chercheur de Winnipeg en éducation physique et activité physique, les preuves que l'activité physique est un élément clé dans le développement du cerveau sont incontestables.

M. Hall, qui est président du Physical and Health Education Canada Research Council et professeur agrégé de la faculté d'éducation et de la Gupta Faculty of Kinesiology and Applied Health à l'Université de Winnipeg, a récemment effectué une revue de la littérature sur les effets de l'activité physique dans le développement du cerveau.

« L'une des principales constatations que nous avons relevées est que les enfants actifs à un jeune âge ont un meilleur fonctionnement et développement du cerveau », explique le chercheur au sujet du rapport qu'il a cosigné avec sa collègue de l'Université, la professeure Melanie Gregg.

Financée en partie par la Ville de Winnipeg, leur étude a permis de déterminer qu'à son niveau le plus élémentaire, l'activité physique est bénéfique pour le cerveau tout comme pour toute autre partie du corps parce qu'elle stimule la circulation sanguine, qui à son tour augmente les niveaux de nutriments que reçoit le cerveau.

Place à l'amélioration

Les Directives canadiennes en matière d'activité physique recommandent que les enfants fassent au moins 60 minutes d'activité modérée à vigoureuse chaque jour. Seulement 35 pour cent des enfants âgés de cinq à dix-sept ans atteignent cet objectif. De plus, 51 pour cent des enfants de trois et quatre ans dépassent le maximum de deux heures par jour recommandé dans les Directives canadiennes en matière de mouvement sur 24 heures pour le temps de loisir devant un écran

« C'est pratiquement comme de faire du conditionnement physique pour le cerveau », affirme-t-il.

Le chercheur cite une étude montrant que les souris qui peuvent courir dans une roue ont plus de neurones dans leur hippocampe.

L'activité physique est importante pour la santé du cerveau quel que soit l'âge, mais à la demande de la Ville de Winnipeg, les deux chercheurs ont porté une attention particulière au développement durant la petite enfance.

« La Ville de Winnipeg veut élaborer un programme de littératie physique (ou culture de l'activité physique) afin d'épauler les personnes qui prennent soin de petits enfants - les parents ou les travailleurs en garderie », explique M. Hall.

« L'un des bienfaits que la Ville veut promouvoir est celle d'un esprit sain dans un corps sain : Alors, est-ce qu'en facilitant l'activité physique chez les jeunes enfants, on favorise le développement du cerveau? »

Ce programme - qui sera bientôt mis en œuvre dans le cadre d'un projet pilote - propose une brochure contenant des directives en matière d'activité physique, ainsi que des points de repère concernant les nourrissons et les jeunes enfants. Hall, Gregg et la Ville de Winnipeg ont aussi obtenu un financement du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada afin d'étudier l'impact du programme sur les enfants.

Nathan Hall croit que le programme devrait être bénéfique parce que la littératie physique - soit l'apprentissage nécessaire pour intégrer durablement l'activité physique dans sa vie - est souvent ignorée aux premiers stades du développement.

« Les parents sont vraiment motivés à suivre les recommandations en matière d'activité physique, mais jusqu'à un certain stade », précise-t-il.

Ils s'assurent que leur nourrisson passe assez de temps sur le ventre pour renforcer les muscles de son cou et pouvoir tenir sa tête, ou ils encouragent le bébé à faire ses premiers pas. Mais quand l'enfant a deux ans, tout à coup, l'accent sur le développement physique est dix fois moins grand parce qu'alors, on se préoccupe davantage de lui apprendre des choses comme les chiffres et l'alphabet, selon M. Hall.

Le personnel des écoles primaires en particulier passe beaucoup de temps à travailler au développement intellectuel des jeunes, tandis que les parents enseignent les habiletés physiques comme la natation, le vélo et le patin. Mais souvent, le processus d'acquisition de ces habiletés ne commence que longtemps après que l'enfant a fait ses premiers pas. « Parfois, ce n'est que quatre ans plus tard que l'on pense aux habiletés physiques qu'on aimerait voir se développer chez nos enfants. »

Photo of Stephanie Jeffrey
La directrice exécutive du Manitoba Fitness Council, Stephanie Jeffrey, affirme que d'être physiquement actif peut accroître la capacité de concentration chez l'enfant.

Par ailleurs, l'acquisition précoce d'une culture de l'activité physique ajoute à ses bienfaits à long terme. Les enfants de cinq ans et moins sont naturellement actifs physiquement, mais une attention particulière sur la littératie physique - soit la valorisation de la pratique d'habiletés motrices de base - les prépare à réussir à long terme, tant sur le plan physique que scolaire et social, selon M. Hall. « Une forme de littératie a nécessairement un effet sur les autres types de littératie. »

Le chercheur mentionne les programmes Timbits de hockey et de soccer pour les jeunes enfants, dont les bienfaits ne tiennent pas seulement à l'apprentissage des aspects techniques de ces sports, mais également à la socialisation et aux compétences cognitives qu'ils favorisent.

« Même le fait d'apprendre à attraper et à lancer la balle, par exemple, met en branle un processus cognitif pendant tout le temps que passent les jeunes à pratiquer ces habiletés. »

Stephanie Jeffrey, directrice exécutive du Manitoba Fitness Council, dit que son organisation a toujours vanté les le potentiel de l'activité physique pour accroître les capacités intellectuelles chez les enfants, notamment une meilleure capacité de concentration.

« Mais nous n'avons pas encore prouvé la corrélation directe entre le développement du cerveau et le niveau d'activité physique », précise Mme Jeffrey, dont l'organisation forme des leaders communautaires en matière de conditionnement physique et d'habitudes de vie active.

Un autre point non négligeable, explique Stephanie, c'est la grande variété des bienfaits de l'activité physique.

« Nous n'avons pas établi de lien [entre l'activité physique] avec le développement chez les enfants et les jeunes de la capacité de créer leurs propres stratégies d'adaptation, de gestion du stress, d'estime de soi, de maîtrise des émotions et d'autocontrôle », explique-t-elle en faisant référence aux conclusions du rapport de ParticipACTION.

« On voit de plus en plus de dépression et d'anxiété chez les jeunes, ce qui indique un dysfonctionnement entre le corps et le cerveau. »

Il n'y a aucune étude indiquant qu'un manque de littératie physique privera nécessairement l'enfant des habiletés requises pour rester actif et aider au développement du cerveau. Mais ce qui est sûr, selon M. Tremblay, c'est que les taux de problèmes en santé mentale chez les enfants, surtout les adolescents, sont en hausse.

« On voit de plus en plus de dépression et d'anxiété chez les jeunes, ce qui indique un dysfonctionnement entre le corps et le cerveau, explique-t-il. Nous faisons un mauvais usage de notre corps, entraînant des problèmes neurologiques qui vont probablement persister et s'accélérer. »

Les jeunes d'aujourd'hui sont comme des cobayes dans une expérience sociale massive et désorganisée. Ils forment la première génération à grandir dans un monde d'interaction constante avec des appareils électroniques, et les effets de cette situation sont largement méconnus.

Compte tenu des recherches effectuées jusqu'à présent, les scientifiques comme Mark Tremblay n'entrevoient pas de résultats positifs. Déjà, des maladies autrefois associées aux gens d'âge mur - comme le diabète de type 2, l'hypercholestérolémie, l'hypertension artérielle et les maladies cardiovasculaires - affectent des populations plus jeunes parce que leur forme physique est moins bonne que celles des générations précédentes.

« On pourrait voir les futurs adultes qui devront se faire traiter vers 45 ans pour des conditions qui touchent aujourd'hui surtout des gens de 65 ans et plus », explique M. Tremblay, faisant référence à des maladies comme la démence et l'ostéoporose.

Le manque d'activité physique chez les enfants est exacerbé par les changements dans les pratiques parentales survenus au cours des dernières décennies.

« La notion qu'on doit exercer une surveillance constante sur nos enfants pour être un bon parent a évolué. Mais quand il s'agit de bouger, les études semblent indiquer que le mieux serait le contraire, explique le Dr Tremblay. Les enfants sont plus tranquilles en présence de leurs parents. »

Le fait d'offrir plus d'occasions d'activité physique allant de programmes de sport à des infrastructures sportives comme des parcs, des terrains de jeu et des patinoires semble ne faire aucune différence. De fait, quand on compare les rapports sur l'activité physique dans beaucoup de pays différents, les jeunes Canadiens sont moins actifs physiquement que les enfants des pays en développement, comme les pays de l'Afrique subsaharienne, une région marquée par un très faible niveau de vie relativement à l'Amérique du Nord.

« La différence est la liberté de jouer, selon M. Tremblay. Les enfants [de pays en développement] sont comme ceux de ma génération, quand j'étais jeune. ».

Le chercheur note qu'il y a seulement quelques décennies, les enfants passaient plus de temps dehors à jouer librement. Ils grimpaient dans les arbres, se chamaillaient au parc, faisaient de la bicyclette pendant des heures et pouvaient monter leurs propres scénarios d'aventure.

« Quand j'étais enfant - j'ai 57 ans - la punition ultime quand on s'était mis dans le pétrin, c'était d'être confiné à la maison, ce qui était pour nous proche de la torture. »

« Aujourd'hui, la punition ultime, c'est d'être privé du cellulaire ou de la télé et de devoir sortir jouer dehors ».

Photo of Nathan Hall and Melanie Gregg
Nathan Hall et Melanie Gregg ont étudié les effets de l'activité physique sur le développement du cerveau.

« À mon avis, c'est un signe très frappant du grand changement de notre mode de vie. Et ce n'est pas un grand terrain de jeu en plastique avec un tapis de caoutchouc qui résoudra le problème. C'est plutôt le contraire. Laissons les enfants aller dans le bois, grimper aux arbres dans le parc et s'amuser entre eux. »

Jocelyn McKie, la mère de Nealla, est certainement d'accord.

« Nous sommes très chanceux parce que nous sommes présents à la maison et que nous pouvons encourager les enfants à bouger. Mais les jeunes ne font presque plus de vélo ni de randonnées comme on faisait avant. »

C'est inquiétant, selon Jocelyn, parce que les enfants d'aujourd'hui ont moins d'occasions d'acquérir les habiletés nécessaires pour résoudre des problèmes et évaluer les risques, comme avant, en s'amusant dehors.

Pour contrer ce problème, Mme McKie croit qu'il faut innover dans les programmes d'éducation physique - comme dans l'initiative d'éducation aux arts du cirque, à laquelle sa fille a participé en cinquième année à l'école Robert Browning de la Division scolaire St. James-Assiniboia.

Le programme conçu par Dean Kriellaars, chercheur de l'Université du Manitoba, vise à promouvoir la littératie physique chez les enfants de neuf, dix et onze ans; après cet âge, le niveau d'activité physique décline rapidement. De plus, le fait de jongler, de marcher sur des échasses et de se balancer sur un trapèze ressemble beaucoup aux activités des enfants qui jouent au parc.

Pourtant, le plus grand bienfait que Jocelyn McKie a observé chez sa fille l'a été sur le plan psychologique. « Nealla disait qu'elle pouvait faire des choses dont les autres étaient incapables, ce qui a augmenté son estime d'elle-même. »

Mme McKie ajoute que sa fille a gagné beaucoup de confiance en elle grâce au programme. Elle a essayé de nouveaux exercices très difficiles, comme jongler et marcher sur des échasses, et avec de la pratique, elle a réussi.

En tant qu'éducatrice, Jocelyn McKie reconnaît que ce type d'habileté à résoudre soi-même des problèmes est une façon idéale d'apprendre. Cela dit, mis à part le programme d'arts du cirque, il n'y a rien pour remplacer la simple activité physique que les enfants font en s'amusant par eux-mêmes avec leurs jeux.

Selon Mme McKie, nous entourons nos enfants d'un cocon qui freine leur élan créatif, à un point tel qu'ils n'ont aucune chance d'imaginer leur vie à leur façon.

« Alors oui, je veux que mes enfants soient actifs pour qu'ils se sentent bien dans leur peau, sachant que sur le plan mental, ils s'en porteront mieux également. »

Joel Schlesinger est un rédacteur de Winnipeg.

Éléments d'alphabétisation physique

L'équipe derrière le bulletin de ParticipACTION a examiné des dizaines d'études scientifiques durant sa recherche sur l'activité physique chez les enfants au Canada. Voici quelques points saillants de ce rapport, dont la version intégrale peut être consultée au www.participaction.com/fr-ca/ressources/bulletin-de-participaction.

  • Les élèves qui font de l'exercice avant un examen présentent un meilleur fonctionnement du cerveau que ceux qui ne bougent pas avant un examen. Alors, la prochaine fois que les élèves ressentiront de la pression pour emmagasiner de l'information, encouragez-les à prendre une pause active de leurs études : une activité physique aérobie peut s'avérer être la meilleure technique d'étude.
  • Lorsque le corps ne bouge pas assez, le cerveau ne peut pas atteindre son plein potentiel. Les enfants ayant une faible condition physique aérobie semblent avoir plus de difficulté à résoudre les problèmes et sont plus susceptibles de commettre des erreurs lorsqu'ils essaient de régler un problème.
  • Les parties du cerveau dédiées à la mémoire et à l'apprentissage (l'hippocampe et les ganglions de la base) sont plus grosses chez les enfants actifs que chez leurs pairs moins actifs.
  • Le fait d'être physiquement actif peut stimuler la mémoire chez les enfants et les jeunes, dont ceux avec des troubles neurologiques (p. ex. trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité, trouble du spectre de l'autisme, paralysie cérébrale).
  • Les enfants actifs sont mieux équipés pour être créatifs. Même sans habiletés artistiques, la créativité peut se manifester dans des scénarios de réflexion concrète, comme élaborer une stratégie pour un jeu, diriger un projet d'équipe ou résoudre un problème de mathématiques. Sans activité physique adéquate, c'est difficile pour les enfants d'exploiter leur plein potentiel!
  • Les enfants qui participent à des activités physiques ont de plus longues périodes de concentration que leurs pairs moins actifs. Cette corrélation semble s'appliquer chez tous les enfants et les jeunes, y compris ceux qui présentent un trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et ceux avec un trouble du spectre de l'autisme.
  • Tout comme les adultes qui aiment cet état d'euphorie ressenti lorsqu'ils courent sur une longue distance, les enfants actifs éprouvent cette même bouffée de bien-être provenant des substances chimiques du cerveau (sérotonine et dopamine). Les enfants et les jeunes qui sont en forme bénéficient de cet afflux de substances chimiques et éprouvent moins de symptômes liés à la dépression que ceux qui ne sont pas en forme. Les enfants avec des troubles neurologiques sont plus à risque de souffrir de problèmes de santé mentale; ils ont donc plus à gagner en devenant et en demeurant actifs.
  • Les données indiquent que l'activité physique peut aider à réduire l'anxiété chez les enfants et les jeunes. La danse et les sports d'équipe peuvent être particulièrement efficaces chez les enfants et les jeunes avec des troubles neurologiques. Les enfants canadiens sont sur la bonne voie puisque 77 % des jeunes âgés de 5 à 19 ans et 46 % des enfants âgés de 3 à 4 ans participent à des activités physiques ou sportives organisées.