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Photo of Margaret Zaluski and Andrea AlkierArticle vedette
Mission médicale
Depuis plus de deux décennies, une
organisation caritative de Winnipeg
donne des fournitures et du matériel
médicaux usagés aux pays en développement
Les bénévoles d'International Hope Margaret Zaluski et Andrea Alkier préparent un colis de fournitures médicales pour l'expédition.
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Par Holli Moncrieff
Été 2018

Depuis plus de 20 ans, une organisation caritative de Winnipeg donne de l'espoir au monde entier.

Depuis ses humbles débuts en 1997, l'organisation caritative International HOPE Canada a distribué 800 tonnes de fournitures et de matériel médicaux aux hôpitaux et cliniques dans des pays en développement.

L'organisation a commencé avec une seule personne déterminée à faire une différence. Lorsque Phyllis Reader, une infirmière de salle d'opération à la retraite, a participé à un voyage humanitaire en Équateur, elle a remarqué que les travailleurs de la santé locaux utilisaient des aiguilles tordues et rouillées. Dès son retour au Canada, elle a commencé à recueillir des fournitures médicales excédentaires et périmées.

« Nos débuts étaient très, très modestes. Nous avons commencé simplement - nous avons fonctionné à partir de l'espace fourni par deux églises, les membres emportant des choses dans leurs valises lorsqu'ils partaient en mission », explique Mme Pat Rodgers, agente de relations publiques de l'organisation.

Depuis, l'organisation caritative s'est considérablement développée. Aujourd'hui, International HOPE Canada compte 91 membres bénévoles, dont plusieurs sont des retraités de l'Office régional de la santé de Winnipeg.

« Nous avons des enseignants, des gens de métier, des ingénieurs et des machinistes. Nous avons beaucoup d'infirmières retraitées et un médecin », indique Mme Rodgers, qui a pris sa retraite en 2006. « Tout le monde effectue ce travail gratuitement sur son temps libre. Personne n'est payé dans cette organisation. Avec l'aide de nos bénévoles, nous sommes en mesure de nous assurer que toute pièce d'équipement médical utilisable ne se retrouve pas dans un site d'enfouissement. »

Joe Michalchyshyn, travailleur social à la retraite, a commencé à faire du bénévolat pour l'organisation caritative il y a cinq ans, après que sa femme l'ait encouragé. Sa femme est décédée depuis, mais Michalchyshyn continue de se présenter chaque semaine pour aider à réparer les fauteuils roulants.

« C'est un travail très valorisant. Vous pouvez voir les résultats, que vous aidez vraiment les autres, dit-il. Nous prenons des photos de nous en train de charger les conteneurs, puis nous recevons des photos d'eux en train de les décharger, en tenant de grandes pancartes de remerciement. Nous recevons des tonnes de lettres de remerciements. »

Comment aider

Pour de plus amples renseignements sur la façon de participer ou d'appuyer l'organisation International HOPE Canada, consultez le site Web à l'adresse www.internationalhope.ca (en anglais seulement).

Michalchyshyn a été particulièrement touché par l'histoire d'un petit garçon en Afrique qui utilisait une planche à roulettes pour se déplacer.

« Il n'avait jamais été soulevé du sol, jamais. Quand il a eu un de nos fauteuils roulants, il n'a laissé personne s'en approcher. Il voulait y dormir, dit-il. La situation dans certains pays du Tiers-Monde est vraiment dramatique. Nos affaires sont comme de l'or pour eux. Ça change des vies. »

Plus de 10 000 heures de travail bénévole sont nécessaires chaque année pour assurer le fonctionnement de l'organisation. Selon leur expertise et leurs compétences, les bénévoles peuvent recevoir, cataloguer ou réparer le matériel ou aider à l'administration.

Près de 95 % des bénévoles de l'organisation caritative sont à la retraite, mais n'importe qui peut se joindre à l'équipe. L'adhésion coûte cinq dollars par an.

Lynn Heise, infirmière en santé communautaire à la retraite, fait du bénévolat au sein de l'organisation depuis sa création.

« Ce n'est ouvert que deux jours par semaine, donc ce n'est pas un grand engagement. Les gens sont vraiment sympathiques et gentils. C'est un endroit accueillant pour faire du bénévolat. »

Photo of Hank Friesen, Joe Michalchyshyn and Larry Van Caeseele
Des bénévoles d'International HOPE, de gauche à droite : Hank Friesen, Joe Michalchyshyn et Larry Van Caeseele avec des fauteuils roulants qui ont besoin d'être réparés.

Chaque année, l'organisation parvient à envoyer environ huit conteneurs d'expédition de 40 pieds remplis de fournitures aux pays et aux personnes qui en ont désespérément besoin. Jusqu'à présent cette année, des conteneurs ont été expédiés vers le Cambodge, le Nigeria et l'Ukraine, avec bientôt le Paraguay et la Zambie. Au total, l'organisation International HOPE a envoyé 90 conteneurs dans 45 pays différents.

« C'est agréable de constater que ce que nous accomplissons fait une différence là-bas, ajoute Mme Rodgers. Je pense que tout le monde apprécie le fait que ces produits ne se retrouvent pas dans nos sites d'enfouissement. Nous ne gaspillons pas de matériaux. Nous sommes un énorme centre de recyclage. »

Où va l'aide?

Consultez notre carte pour voir où dans le monde les conteneurs et autres fournitures sont livrés (en anglais seulement).

Une grande partie du matériel donné à International HOPE est considérée comme obsolète, désuète ou ayant dépassé la date de péremption au Canada, comme les lits à manivelle qui sont encore utilisables, mais désuets. Une boîte de pansements non ouverte est considérée comme un déchet dans ce pays parce qu'elle a dépassé une date de « péremption » arbitraire. Toutefois, dans de nombreuses régions du monde, jeter une boîte de bandages non ouverte serait inconcevable.

Des dons ont été versés à l'organisation caritative en provenance de l'Ontario, de la Saskatchewan, de l'Alberta et de tout le Manitoba.

« Les gens viennent en tout temps pour se ravitailler pour les missions à l'étranger, précise Mme Rodgers. Tout entre dans notre inventaire jusqu'à ce qu'on en ait besoin. Notre organisation est unique en son genre. Il n'y a rien de tel dans le monde, certainement rien de tel au Canada. »

Les fournitures que l'organisation International HOPE envoie aux pays en développement n'ont aucune valeur au Canada. Mais pour les destinataires - lorsque ces articles sont inexistants ou extrêmement rares - ils sont extrêmement précieux. On estime qu'un contenant de fournitures données aurait une valeur de 500 000 $ à 800 000 $ ou plus, si les articles étaient achetés neufs.

Au début, l'organisation caritative recueillait des fournitures médicales plus petites et transportables que les gens pouvaient emporter avec eux lors de missions internationales : sutures, éponges et gants, ou de petits instruments comme des scalpels et des ciseaux. Cependant, les bénévoles d'International HOPE ont tôt fait de découvrir qu'il y avait plus de matériel en surplus que cela, et un énorme appétit pour ce type de matériel dans les pays en développement. En 2003, l'organisation a reçu 200 lits d'hôpitaux qui auraient été autrement vendus pour la ferraille.

« L'équipement plus gros est vérifié par nos ingénieurs bénévoles, et nous comptons aussi sur les bénévoles pour charger les conteneurs », souligne Mme Rodgers.

Photo of International HOPE volunteers
Des bénévoles d'International HOPE, au dernier rang, de gauche à droite : Paul Stewart, Phyllis Reader, Andrea Alkier, Margaret Zaluski, Mick Williams. Au premier rang, de gauche à droite : Lynn Heise, Pat Van Herksen.

Tous les dons que l'organisation reçoit ne sont pas utilisables. Les bénévoles ont dû trouver des moyens d'éliminer les déchets dangereux en toute sécurité.

« J'ai beaucoup appris sur les fournitures médicales », affirme Mme Rodgers.

Remplir un conteneur nécessite une bonne dose de communication entre International HOPE et l'hôpital ou le service de santé de l'hôpital d'accueil. Les organismes d'accueil ont une liste de souhaits et l'organisation caritative enverra tout ce qu'elle a à sa disposition.

Il n'est pas toujours facile de faire savoir à ceux qui en ont besoin que ce service existe, ajoute Mme Rodgers. International HOPE s'associe à d'autres organisations d'aide internationale pour faire passer le mot.

« Nous devons aller là-bas d'une manière ou d'une autre pour faire savoir aux gens dans le besoin que nous sommes ici, mais lentement, les nouvelles se répandent, dit-elle. Nous devons aussi respecter les règles des gouvernements concernés, du Canada et du pays d'accueil. »

Tous les coûts associés à l'expédition et à la livraison des conteneurs sont à la charge du pays qui reçoit les fournitures. Mais comme les frais d'expédition peuvent se situer entre 10 000 $ et 15 000 $, d'autres organismes de bienfaisance interviennent souvent pour couvrir les frais.

« Les personnes auxquelles nous donnons ont elles-mêmes un réseau, explique Mme Rodgers, ajoutant qu'International HOPE n'a aucune affiliation politique, culturelle ou religieuse. »

Les membres se réunissent deux fois par semaine, le mercredi et le samedi.

« Les jours de conteneurs ont lieu le samedi. À 8 h 30, tout le monde est en train de charger. Les jours de conteneurs sont super - je les adore, dit Mme Rodgers. Nous avons les meilleurs bénévoles que vous puissiez imaginer. Tout ce qu'ils font pour nous vient du cœur. Nous avons des tonnes de nos propres gens qui sont là pour nous aider. »

Quatre bénévoles d'International HOPE ont reçu l'une des plus hautes distinctions du Canada pour service communautaire désintéressé. Phyllis Reader et Sonia Michalyshen ont reçu la Médaille du souverain pour les bénévoles du gouverneur général du Canada il y a trois ans, et Roma Maconachie et Val McIntyre l'ont reçue cette année.

« Nous espérons que d'autres viendront se joindre à nous. Nous sommes toujours à la recherche de nouvelles personnes, souligne Mme Rodgers. Les gens qui participent sont sympathiques. Ils sont faciles à vivre. Ils s'amusent et se sentent utiles. »

Quant à l'avenir, l'organisation caritative a récemment déménagé de l'entrepôt qu'il occupait depuis 18 ans et se réjouit à l'idée d'exploiter un nouvel espace.

« Notre plan est de continuer à faire ce que nous faisons maintenant, de continuer à faire un meilleur travail chaque année, affirme Mme Rodgers. Ça fait du bien d'aider les gens. C'est la bonne chose à faire. »

Holly Moncrieff est une rédactrice de Winnipeg.